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LE PARFUM AU XVIIIème SIECLE
Les eaux fraîches à la Cour de Louis XV
L'Eau d'Ange aux Esprits
Une eau dite "aux esprits" désignait autrefois une eau élaborée avec une eau-de-vie, pour la distinguer d'une "eau simple" composée à partir d'une eau de rose, d'une eau de fleur d'oranger, d'une eau de myrte ou simplement à partir d'une eau de fontaine.
Cette eau aux esprits fut l'une des formes les plus exquises et les plus abouties parmi celles mises au goût du XVIIIe siècle.
Son architecture, héritée de la Renaissance, associait l'iris de Florence, le benjoin, le styrax et la douceur florale de la rose.
Cet accord ancien, formant déjà une entité parfumée, était enrichi d'un bois de santal, d'une essence de fleur de l'oranger (néroli), d'une quintessence d'orange de Portugal (orange douce) et fixé avec une trace d'ambre, de musc et de civette.
Cette eau d'ange de grand luxe, présente à la Cour de Louis XV, a atteint là, sa perfection.
Elle clôturait une longue suite de variations autour de ce très beau thème de "l'eau d'ange" alors qu'apparaissaient les premières eaux de Cologne.
L'Eau Mignonne
En cheminant à la découverte des eaux d'odeur de ce siècle, l'Eau Mignonne mérite une mention spéciale pour sa beauté.
Son bouquet, à la fois doux et subtil, demandait du parfumeur ou du distallateur deux attentions particulières :
* une sélection rigoureuse des composants
* un équilibre parfait des quantités mises en oeuvre.
L'Eau Mignonne fut une eau recherchée pour son accord fleuri, épicé, habilement fruité.
Elle se composait de rose muscade, de graine de basilic, d'iris de Florence, de graine de piment, de macis (muscade) et d'une quintessence de citron.
Une légère touche d'ambre harmonisait l'ensemble qui parvenait à sa "perfection" après quelques semaines.
L'Eau de Pucelle
Comme l'Eau Cordiale de Sieur Coladon ou l'Eau Divine, l'Eau de Pucelle était une "eau aux esprits" propre au distillateur pour sa confection.
Le plus souvent, elle était mise en sucre et servie comme une liqueur légère.
C'est une fine composition qui prenait son accord à partir de la baie de genièvre, de la semence d'angélique et de la fleur de l'oranger.
Elle rappelle quelque peu la note particulière au gin.
Comme la plupart des eaux composées dites "de grains", l'Eau de Pucelle développait avec le temps une délicate senteur ambrée, senteur devenant délicate saveur lors de sa mise en sirop.
Bien en mode durant la Régence, l'Eau de Pucelle est présentée ici dans sa version "eau d'odeur".
L'Eau Couronnée
Cette magnifique eau de senteur, apparue à la Cour de Louis XV, demandait, de la part du parfumeur ou de "l'artiste", habileté et savoir-faire.
L'homme de l'art créait et équilibrait son "bouquet d'odeurs" en assemblant d'abord la fleur de violette, la racine d'iris, la jonquille double, la fleur de l'oranger, la rose musquée blanche et la tubéreuse dans une eau-de-vie de qualité. Les épices, macis et clou de girofle, étaient mis en teinture à part ou le plus souvent mélangés aux fleurs.
L'ensemble, mis en "distillation douce" au bain-marie, était complété des quintessences de bergamote et d'orange du Portugal.